Ana Popovic

La chanteuse guitariste Yougoslave découverte par le public à l'occasion de sa participation à l'album "BLUE HAZE" (Tribute to jimi Hendrix) vient d'enregistrer un second album "HVSH" à Menphis avec le producteur Jim Gaines.

14/09/2002 - Festival des 2 rivières (Blues) - Belle-Isle-en-Terre

Le site : http://www.anapopovic.com

une interview de la jeune chanteuse et guitariste d'origine yougoslave Ana Popovic réalisée par mes soins pour Blues&Co lors de l'édition 2001 du festival blues de Cahors (juillet 2001)

Bluesnet : Bonjour. Tu es Ana Popovic, tu as 25 ans, et tu viens de Belgrade en Yougoslavie ?

Ana Popovic : oui, c'est exact ! ... (rires)

Bluesnet : très bien... Peux-tu nous dire quand as-tu commencé à faire de la musique ?

AP : j'ai commencé vers l'âge de 15 ans, cela fait donc 10 ans maintenant. J'ai réellement démarré quand j'ai eu mon premier groupe vers l'âge de 18 ans, où j'ai fait des concerts.
Mais le blues était souvent présent chez moi, puisque mon père était grand amateur de cette musique. Il avait pas mal de disques, et c'est ce que j'écoute depuis les premières notes de musique dont je me souvienne. Il y avait des jams sessions à la maison, il jouait avec ses amis, donc c'est comme ça que tout a commencé.

Bluesnet : tu viens d'enregistrer ton premier disque pour le label allemand Ruf, comment as-tu rencontré les responsables de ce label ?

AP : et bien j'étais à un concert de Bernard Allison en Allemagne, je l'ai rencontré backstage et il m'a invité à jouer sur scène 2 ou 3 morceaux, parce qu'il avait déjà entendu parler de moi.
Nous avons joué ensemble et c'était très bien, le public a vraiment bien réagi et a apprécié nos duos de guitare, et Bernard aussi a apprécié.
Puis il m'a dit : « écoute, j'ai une idée en tête ... », mais je ne le croyais pas trop. 10 jours après ceci, j'ai reçu un email de Thomas Ruf, il voulait me rencontrer pour parler musique quand je voulais, pour voir quel était mon style et quelles étaient mes idées, et c'est comme cela que tout s'est fait.
A cette époque, ils travaillaient ensembles sur ce projet d'album hommage à Jimi Hendrix "Blue Haze", qui était presque fini, et il m'a dit « si tu veux, tu peux faire un morceau dessus », c'est donc devenu mon premier morceau pour Ruf, la reprise de "Belly Button Window" de Hendrix.

Bluesnet : "Hush" est le nom de ton album chez Ruf, j'ai lu quelque part que c'est aussi le nom de ton tout premier groupe à Belgrade ?

AP : oui c'est exact, nous jouions là-bas à l'époque, et on a même fait un album sorti en Yougoslavie, juste avant que je ne parte vivre aux Pays-Bas.

Bluesnet : donc "Hush" est une sorte d'hommage à cette première expérience ?

AP : oui, dans un sens, car j'aime mettre en relation ce genre de choses.
Mais j'aime le mot aussi parce qu'il veut dire aux gens qui écoutent ma musique qu'il faut être attentif à ce que nous jouons. Hush est ici entendu comme un "chut !" (rires), comme une demande d'attention adressée au public, c'est là son vrai sens.

Bluesnet : tu as enregistré cet album à Memphis, c'est une ville importante pour une jeune musicienne et pour un premier album. As-tu été stressée de ce fait ?

AP : non. La première fois que j'ai parlé à Thomas Ruf de l'enregistrement de mon album, nous nous sommes mis d'accord.
Il m'a demandé quel était mon style et je lui ai dit que j'étais plus branchée par les artistes noirs-américains comme Buddy Guy, BB King, Albert King et tout le reste que par le blues européen.
Puis il a dit «je connais bien Jim Gaines», qui est un grand producteur, il a notemment produit Stevie Ray Vaughan, «donc si tu veux aller là-bas pour enregistrer ton album ...»

Je voulais vraiment faire cela, car à Memphis tu peux apprendre tellement musicalement. J'étais plutôt décontractée quand j'y suis allé, ils ont bien aimé mes morceaux, on a enregistré pendant 3 semaines et le disque était fini à temps. C'était tellement différent, beaucoup de musiciens noirs ont joué sur ce disque, pas mal de choeurs, ça m'a apporté pas mal d'inspiration générale et j'ai envie d'en enregistrer un autre là-bas.

Bluesnet : tu as donc appris des choses intéressantes à Memphis ?

AP : oh oui. Aussi bien au niveau blues, au niveau des chansons, qu'au niveau des arrengements, c'était vraiment passionnant.

« Difficile ? Je ne sais pas vraiment, pour moi, devenir célèbre importe peu, ce que je veux c'est surtout jouer avec des musiciens que j'admire vraiment. »

Bluesnet : tu es jeune, tu es une femme, il n'y a pas beaucoup de femmes qui jouent de la guitare blues en Europe, est-ce que tu penses que, de ce fait, ça a été plus difficile pour toi de devenir célèbre ?

AP : Je ne sais pas vraiment, pour moi devenir célèbre importe peu, ce que je veux c'est surtout jouer avec des musiciens que j'admire vraiment. J'ai joué avec Kenny Neal, avec Bernard Allison, on a jammé, et c'est quelque chose qui m'inspire vraiment, d'être sur la même scène. Quand je joue avec eux, j'aime avoir un style spécial qui leur fasse dire «ah ok, c'est différent...», donc je veux vraiment pouvoir jouer de ce style mon instrument.
Maintenant savoir si ça a été plus dur en temps que femme, je ne sais pas vraiment, disons que je n'ai pas eu de moments difficiles. Mais je n'attendais pas beaucoup de choses.
J'ai beaucoup travaillé de mon instrument et c'est pour moi la chose la plus importante, avec le fait de jouer dans de grands festivals.

Bluesnet : est-ce que le blues est populaire en Yougoslavie ?

AP : oui, il y a des groupes blues comme partout, bien que ça n'ait jamais été le courant musical principal.
Il y a toujours eu un circuit blues et un public pour, comme partout. En Yougoslavie on avait des titres qui passaient sur la station radio principale, comme n'importe quel autre groupe.

Bluesnet : tu joues aussi ailleurs qu'en Europe ?

AP : oui, on a joué au festival de Beale Street à Memphis qui accueille 150000 personnes, c'était il y a 2 mois environ et c'était vraiment grandiose. On jouera à nouveau aux Etats-Unis à partir de Janvier.
On joue aussi dans le reste de l'Europe.

Bluesnet : on t'a vu au mois de juin de cette année jouer à Radio France à Paris avec le français Paul Personne, comment as-tu rencontré ce musicien ?

AP : J'étais venue à Paris une fois et avec une personne qui est en relation avec Ruf, Yazid Manou, qui m'a présentée à Paul Personne.
Paul a écouté mon album et l'a apprécié, de la même façon que j'admire ce qu'il fait, car je le trouve fabuleux. Il a donc décidé de venir se joindre à nous pour cette session radiophonique où il y avait aussi Popa Chubby, c'était bien. Mais je crois qu'on a joué des solos vraiment trop longs !! (rires)
Paul est un grand personnage et un très bon guitariste.

Bluesnet : tu as des projets pour l'avenir, un prochain album ?

AP : oui, il sera enregistré à la fin de la tournée américaine qui démarrera au début de l'année prochaine, avec le même producteur. En ce moment j'écris des titres pendant que nous faisons tous ces festivals.

Bluesnet : et bien merci beaucoup Ana.

Extrait de BluesNet : http://bluesnet.didtab.org/page18.html

© Alain MARIE Autorisation MAJ : 19-03-2004 Page précedente